En Europe, l’horizon 2035 marque une date symbolique et réglementaire. L’Union européenne a voté l’interdiction de la vente de voitures neuves à moteur thermique (essence et diesel), avec pour objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Mais la probabilité que les voitures thermiques continuent d’être fabriquées au-delà de cette échéance reste un sujet complexe, entre pressions industrielles, réalités économiques et évolutions technologiques.
Une interdiction nuancée en Europe
La règle européenne prévoit un arrêt de la commercialisation des voitures neuves à essence et diesel, mais elle laisse une porte ouverte aux véhicules fonctionnant avec des carburants dits neutres en carbone (e-fuels). Cette nuance, obtenue sous la pression de l’Allemagne et de l’Italie notamment, permet déjà d’envisager la survie de certaines gammes thermiques, surtout dans le haut de gamme ou les voitures de collection modernisées.
Une réalité différente hors d’Europe
Si l’Europe s’oriente vers une électrification massive, d’autres régions du monde – en particulier l’Afrique, l’Asie du Sud-Est ou encore l’Amérique du Sud – ne disposent pas des infrastructures nécessaires pour un passage rapide au tout-électrique. Dans ces zones, la fabrication et l’exportation de voitures thermiques pourraient se poursuivre bien au-delà de 2035, afin de répondre à la demande locale. Les grands constructeurs mondiaux, pour rester compétitifs, auront donc intérêt à maintenir une partie de leur production.
Les contraintes économiques et sociales
Le coût de la voiture électrique reste un frein pour de nombreux ménages. Même si les prix baissent progressivement, la question de l’accessibilité à grande échelle n’est pas totalement réglée. De plus, la filière automobile emploie des millions de personnes dans les chaînes de production liées aux moteurs thermiques. Un arrêt brutal créerait une onde de choc sociale et industrielle, ce qui pousse certains pays à envisager des délais supplémentaires ou des exceptions.
Les avancées technologiques incertaines
Le développement des batteries solides, des bornes de recharge ultrarapides et de la production d’électricité décarbonée est essentiel pour réussir la transition. Si ces technologies prennent du retard, la voiture thermique pourrait bénéficier d’un sursis, notamment via des solutions hybrides ou des carburants de synthèse.
Conclusion
La probabilité que les voitures thermiques disparaissent totalement après 2035 est faible. Leur part de marché en Europe devrait fortement diminuer, mais une production résiduelle, encadrée et ciblée, semble quasi inévitable. À l’échelle mondiale, elles continueront à exister bien plus longtemps, car les réalités économiques et énergétiques sont très diverses. En résumé, 2035 marquera un tournant majeur, mais pas la fin définitive du moteur thermique.